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Boîte à outils citoyenne
Des conseils concrets pour s'engager auprès des décideurs canadiens sur la politique de l'IA. Ce n'est pas du remplissage vague — ce sont des conseils précis et réalisables pour rédiger une correspondance efficace, naviguer au sein du Parlement et contribuer votre expertise si vous en avez.
Comment fonctionne le Parlement — et où se prennent les décisions sur l'IA
Le Parlement fédéral du Canada comprend deux chambres : la Chambre des communes élue et le Sénat nommé. Un projet de loi — une loi proposée — franchit les deux chambres avant de devenir loi. Voici le processus :
- Dépôt (première lecture) : Un ministre ou un député dépose le projet de loi. Pas de débat — simplement une présentation formelle de son contenu.
- Deuxième lecture : La chambre débat des principes fondamentaux du projet de loi. S'il est adopté en vote, il est renvoyé en comité.
- Étude en comité : Un comité parlementaire plus restreint étudie le projet de loi en profondeur, tient des audiences, recueille des témoignages d'experts et de Canadiens touchés, et peut proposer des amendements. C'est l'étape la plus substantielle — et celle où la contribution des citoyens a le plus d'impact.
- Étape du rapport et troisième lecture : La chambre débat et vote sur le projet de loi amendé.
- Le Sénat : Le processus se répète au Sénat, qui peut modifier ou retarder le projet de loi.
- Sanction royale : Le gouverneur général approuve officiellement le projet de loi, qui devient loi — bien que certaines dispositions puissent nécessiter des règlements supplémentaires avant d'entrer en vigueur.
Toutes les décisions liées à l'IA ne passent pas par ce processus. Les règlements — des règles établies en vertu de l'autorité accordée par des lois existantes — nécessitent beaucoup moins d'examen parlementaire. De nombreuses décisions les plus conséquentes sur l'IA au Canada sont prises par voie de règlements, de politiques d'approvisionnement et de directives gouvernementales plutôt que par voie législative. La Directive sur la prise de décision automatisée du Conseil du Trésor fédéral, par exemple, régit la façon dont les organismes fédéraux peuvent utiliser l'IA pour prendre des décisions concernant les Canadiens — et il ne s'agit pas d'une loi adoptée par le Parlement.
Où se prend réellement la politique fédérale sur l'IA
Comités de la Chambre des communes :
- Comité permanent de l'industrie et de la technologie (INDU) — le principal comité étudiant la législation sur l'IA. A étudié le projet de loi C-27 et la compétitivité canadienne en IA. C'est le comité le plus influent pour quiconque s'intéresse à la réglementation de l'IA.
- Comité permanent des sciences et de la recherche — pertinent pour la politique de recherche en IA et les instituts nationaux d'IA.
- Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique — pertinent pour l'IA et la vie privée, la prise de décision algorithmique et la gouvernance des données.
Gouvernement fédéral (pouvoir exécutif) :
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) — le ministère responsable de la politique sur l'IA, de la législation et de la stratégie nationale en matière d'IA. Le ministre de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique (Evan Solomon) est le portefeuille dédié à l'IA ; le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie conserve également des responsabilités plus larges en matière de technologie et d'industrie.
- Secrétariat du Conseil du Trésor — établit les règles d'utilisation de l'IA au sein du gouvernement fédéral lui-même, notamment la Directive sur la prise de décision automatisée.
- Affaires mondiales Canada — représente le Canada dans les forums internationaux de gouvernance de l'IA, notamment l'OCDE, le G7, le G20 et les sommets sur la sécurité de l'IA de Bletchley, Séoul et Paris.
Compétence provinciale : L'éducation, les soins de santé, le travail, la protection des consommateurs et les services de police relèvent en grande partie de la compétence provinciale — et ce sont précisément les domaines où l'IA est déployée le plus rapidement. Surveillez le comité et le ministère pertinents de votre assemblée législative provinciale. La Commission d'accès à l'information du Québec est également un organisme de réglementation important pour l'imputabilité algorithmique en vertu de la Loi 25.
Trouver votre député·e
Rendez-vous sur noscommunes.ca et entrez votre code postal. La page de profil de votre député·e présente :
- L'adresse et le numéro de téléphone de son bureau à Ottawa
- L'adresse et le numéro de téléphone de son bureau de circonscription
- Son adresse courriel (pour la correspondance à Ottawa)
- Ses appartenances aux comités — utile pour savoir s'il ou elle siège à l'INDU ou à d'autres comités pertinents
Si votre député·e siège au Comité permanent de l'industrie et de la technologie (INDU), c'est particulièrement important à savoir — les membres du comité sont ceux qui étudieront et pourront amender la législation sur l'IA.
Conseil : Les bureaux de circonscription s'occupent des dossiers personnels (demandes d'immigration, problèmes de prestations, etc.). Pour la correspondance sur la politique concernant l'IA, écrivez au bureau d'Ottawa. Incluez l'adresse de la Chambre des communes et le nom de votre député·e sur l'enveloppe ou dans l'objet du courriel.
Comment écrire à votre député·e
Une lettre ou un courriel à votre député·e est plus efficace qu'une signature de pétition et bien plus efficace qu'une publication sur les réseaux sociaux. Les bureaux parlementaires comptent la correspondance. Les membres des comités reçoivent la correspondance de leurs électeurs comme signal des enjeux qui préoccupent leurs commettants. Voici ce qui fonctionne.
Ce qui fonctionne
- Être précis·e : nommer le projet de loi, la disposition ou la décision concernée
- Indiquer brièvement qui vous êtes et pourquoi vous vous intéressez à la question
- Formuler une demande claire et unique
- Limiter la lettre à une page ou moins
- Demander une réponse et effectuer un suivi si vous n'en recevez pas
- Écrire en langage clair — vous n'avez pas besoin de sonner comme un juriste
Ce qui ne fonctionne pas
- Les lettres types sans aucune personnalisation
- Un langage excessivement technique (cherchez à être compris·e, pas à afficher votre expertise)
- Plusieurs demandes sans lien dans une même lettre
- L'impolitesse ou la dramatisation (facilite le rejet de votre lettre)
- Des préoccupations vagues sans demande précise
- Les lettres nettement plus longues qu'une page
Modèle de lettre
Adaptez ce modèle à votre situation. Les changements les plus importants : personnalisez les sections entre crochets et assurez-vous que votre demande est précise.
[Date]
L'honorable [Nom complet du/de la député·e]
Député·e de [nom de la circonscription]
Chambre des communes
Ottawa (Ontario) K1A 0A6
Madame / Monsieur [le/la député·e],
Je vous écris en tant que résident·e de votre circonscription, [nom de la circonscription], pour vous faire part de mes réflexions sur la politique en matière d'intelligence artificielle.
Je suis [brève description — p. ex., infirmier·ière autorisé·e, parent de trois enfants, ingénieur·e à la retraite, propriétaire d'une petite entreprise]. Je vous écris au sujet de [sujet précis — p. ex., le cadre législatif proposé sur l'intelligence artificielle / l'utilisation de l'IA dans les décisions du gouvernement fédéral / la désinformation générée par l'IA lors des élections canadiennes].
[Une ou deux phrases expliquant pourquoi cette question vous touche personnellement. Soyez concret·e.]
Je vous exhorte à [demande précise — p. ex., soutenir l'inclusion de mécanismes d'application significatifs dans tout nouveau projet de loi fédéral sur l'IA / soulever auprès du ministre de l'Innovation la nécessité de mesures de transparence lorsque le gouvernement utilise l'IA pour prendre des décisions concernant les Canadiens / appuyer la participation continue du Canada aux forums internationaux de gouvernance de l'IA].
Je serais heureux·se d'avoir de vos nouvelles à ce sujet. N'hésitez pas à communiquer avec moi à [votre adresse courriel ou numéro de téléphone].
Veuillez agréer, Madame / Monsieur le/la député·e, l'expression de mes sentiments distingués,
[Votre nom]
[Votre adresse postale]
Note : Le courrier envoyé à la Chambre des communes depuis l'intérieur du Canada ne nécessite pas de timbre — les frais de port sont couverts.
Écrire au ministre de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique
Le ministre fédéral de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique (actuellement Evan Solomon) détient le portefeuille dédié à l'IA. Les ministres reçoivent considérablement plus de courrier que les députés de circonscription. Pour être efficace, soyez particulièrement concis·e et direct·e.
Coordonnées
-
Ministre de l'Intelligence artificielle et de l'Innovation numérique (Evan Solomon)
Chambre des communes, Ottawa (Ontario) K1A 0A6
(Vérifiez canada.ca pour les coordonnées actuelles — les portefeuilles du cabinet changent avec les élections et les remaniements) -
Cabinet du premier ministre
80, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0A2
Formulaire web : pm.gc.ca/fr/contactez-nous
Conseils pour la correspondance ministérielle
- Présentez-vous et indiquez votre expertise ou intérêt dans la question dès le premier paragraphe
- Une seule demande, clairement formulée, dans le premier paragraphe
- Si vous avez une expertise technique spécifique (chercheur·e, professionnel·le de la santé, développeur·se), mentionnez-la — le personnel du ministre achemine les mémoires substantiels aux conseiller·ères en politiques
- Les ministères tiennent également des consultations publiques formelles — c'est le moyen le plus efficace de soumettre des preuves techniques détaillées
Consultations formelles : Lorsqu'un ministère élabore des règlements ou une politique importante, il organise souvent une consultation publique. Ces consultations sont publiées dans la Gazette du Canada (gazette.gc.ca) et sur le site web du ministère concerné. Les mémoires soumis dans le cadre de consultations formelles sont versés au dossier public, lus par des fonctionnaires et publiés. Ils ont un poids considérable.
S'engager à l'échelle provinciale
Les gouvernements provinciaux ont compétence sur les soins de santé, l'éducation, les normes du travail et la protection des consommateurs — des domaines où l'IA est déjà déployée de manière à affecter directement les Canadiens. L'engagement provincial compte.
Trouver votre représentant·e provincial·e
- Québec (député·e) : assnat.qc.ca — Trouver votre député·e
- Ontario (député·e provincial·e) : ola.org — Trouver votre député·e provincial·e
- Colombie-Britannique (député·e) : leg.bc.ca — Trouver votre député·e
- Alberta (député·e) : assembly.ab.ca — Trouver votre député·e
- Autres provinces : Cherchez «[province] assemblée législative trouver mon représentant»
Principaux contacts provinciaux pour l'IA
Québec dispose du cadre provincial d'imputabilité de l'IA le plus développé :
- Commission d'accès à l'information (CAI) — applique les dispositions d'imputabilité algorithmique de la Loi 25 : cai.gouv.qc.ca
- Ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie
Ontario :
- Ministère du Développement économique, de la Création d'emplois et du Commerce
- Ministère du Travail (pour l'IA dans l'emploi, notamment la Loi sur le travail pour les travailleurs)
Colombie-Britannique :
- Ministère des Emplois, du Développement économique et de l'Innovation
- Bureau du commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de la C.-B.
L'approche est la même que pour la correspondance fédérale : soyez précis·e sur la question, indiquez votre lien avec elle, et formulez une demande claire et unique.
Si vous avez une expertise technique ou professionnelle à offrir
Les comités parlementaires et les ministères cherchent activement des témoignages d'experts. Si vous travaillez en recherche en IA, en ingénierie en apprentissage automatique, en cybersécurité, en informatique de la santé, en économie du travail, en droit ou dans tout autre domaine qui touche à la gouvernance de l'IA, vous pouvez offrir votre expertise directement.
Comparutions devant les comités parlementaires
Les comités invitent des témoins à témoigner au cours de l'étude d'un projet de loi ou d'une question de politique. Les témoins font une présentation de quelques minutes, puis répondent aux questions des membres du comité. C'est l'une des façons les plus directes d'influencer la législation.
Pour exprimer votre intérêt à comparaître devant un comité :
- Trouvez le comité pertinent sur parl.ca
- Naviguez vers la page du comité et trouvez les coordonnées du greffier ou de la greffière
- Envoyez une brève lettre ou un courriel : qui vous êtes, votre expertise pertinente, ce que le comité étudie, et ce que vous pourriez apporter
- Le greffier ou la greffière vous indiquera si le comité accepte des témoins et comment procéder
Les comités acceptent également des mémoires écrits — des mémoires détaillés qui entrent dans le dossier public même sans comparution en personne. Les mémoires peuvent être plus approfondis que le témoignage oral et valent la peine d'être soumis même si le comité ne peut pas accueillir tous les témoins.
Consultations gouvernementales et procédures réglementaires
Les ministères fédéraux et provinciaux organisent des consultations publiques formelles lors de l'élaboration de règlements ou de politiques importantes. Celles-ci sont publiées dans la Gazette du Canada et sur les sites web des ministères. Les mémoires sont lus par des fonctionnaires, publiés et cités dans les analyses d'impact de la réglementation.
Les commissaires provinciaux à la protection de la vie privée — la CAI au Québec, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada au niveau fédéral, et les équivalents provinciaux — organisent également des consultations et acceptent des plaintes concernant les atteintes à la vie privée liées à l'IA. Les plaintes formelles auprès des organismes de réglementation peuvent déclencher des enquêtes.
Société civile et coalition
Les experts individuels et les citoyens préoccupés sont plus efficaces en coalition. Parmi les organisations travaillant sur la politique de l'IA au Canada :
- Citizen Lab (Université de Toronto) — recherche sur la technologie, la sécurité et les droits de la personne
- CIPPIC (Clinique d'intérêt public et de politique d'internet du Canada) — défense juridique des droits numériques
- Options politiques (IRPP) — publie des analyses politiques accessibles sur la gouvernance de l'IA
Si vous avez une expertise dans un domaine et souhaitez contribuer au débat public, rédiger un mémoire de politique ou une tribune dans Options politiques, The Logic ou un grand journal peut atteindre simultanément les législateurs, leur personnel et d'autres défenseurs.